La valorisation

L’imprimerie et la sérigraphie génèrent en moyenne de 30 à 38 % de déchets dits « d’activité ».  Un chiffre qui peut sembler important, qui s’explique par les contraintes techniques, par la production proprement dite (petite série, sur-mesure, découpes), mais également par le réglage des machines, le vieillissement possible et la fragilité de certaines matières support.

Chez Publigraphic, nous rechignons à voir disparaître les belles matières que nous travaillons dans les différentes bennes de recyclage industriel. C’est pourquoi les déchets de production (chutes de papiers, bobines cartons, auto-collants, magnétiques, découpes PVC) sont régulièrement proposés à des écoles, des centres de loisirs, des associations, des artistes qui travaillent les matières recyclées.

Les salariés réemploient bien sûr tout à fait naturellement au quotidien certaines matières : papiers brouillon, calages des diverses machines, classement, manutention, expédition… Les personnes les plus créatives imaginent spontanément des accessoires de bureau ou des réutilisations plus personnelles (meubles, petits objets décoratifs).

Chez Publigraphic, on estime à 12 % la perte de matière, même dans le cadre d’une optimisation maximale des impressions et des découpes.

A titre d’exemple, sur un travail en cours (des feuilles de PVC) et malgré l’optimisation de l’imposition, nous mesurons 3 rectangles de 10 x 8 cm vierges par feuille, qui auraient pu être imprimés et découpés sans surcoût de matière – l’encre et la découpe générant un coût certainement marginal d’après le maquettiste. Pourquoi ne pas imaginer une clientèle locale (associations, événements caritatifs, très jeunes entreprises) qui serait intéressée par des impressions gratuites ou à très bas coût ? Bien sûr, cette production « opportuniste » impliquerait : une non exigence sur les dates de production, sur les formats exacts produits, sur les matières (épaisseurs, couleurs exactes…), ainsi qu’une certaine disponibilité du bénéficiaire pour venir récupérer les produits imprimés à l’imprimerie. Un travail en amont devra être fait (communication, récolte des éléments graphiques, des textes) puis stockage dans un dossier spécial sur les serveurs de l’entreprise. Ce genre de démarche – qui se fait spontanément de façon informelle dans beaucoup d’entreprises de communication graphique (on utilise les gâches pour rendre service à l’association locale) – nécessite une réflexion collective quant à sa faisabilité. Quels travaux se prêteraient à ce genre d’optimisation ? Quelles périodes ? Quelles techniques ? Quelles matières ? Est-ce que cela ne risquerait pas de gêner la production courante ? Le sentiment de rendre service à la collectivité sera t-il partagé ? Qu’en pensera chacun/chacune ?

Une matériauthèque est destinée à stocker et revendre à moindre coût des matériaux de réemploi.

L’idée de lancer un projet de matériauthèque collaborative avec d’autres entreprises de la région fait son chemin… Si les déchets liés aux activités d’imprimerie sont moindres par rapport aux déchets du BTP, par exemple, secteur d’activité globalement le plus producteur, ils sont très spécifiques, qualitatifs et variés.

Les déchets de production de Publigraphic pourraient, s’ils étaient échantillonnés, stockés, proposés, intéresser des étudiants en écoles d’art ou de métiers des arts graphiques, des artistes, des particuliers créatifs, des indépendants, des TPE, des associations. Ainsi que des écoles, des centres de loisirs, des crèches, etc.

De déchets, ces matières deviendraient alors ressources à part entière, ce qui est le principe même de l’économie circulaire. Ce secteur étant créateur d’emplois, il est, à ce titre, souvent soutenu par les collectivités locales et les institutionnels. Ce type de projet sous-entend la mise en place d’une association porteuse du projet mais pourrait, à terme, répondre à un réel besoin des entreprises telles que Publigraphic et rencontrer un public très varié, tout en ayant une portée pédagogique.

Chez Publigraphic, les salariés sont en contact étroit avec les différentes matières travaillées. Ils imaginent et conçoivent régulièrement de petits objets. En voici un florilège…

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