Article Ouest-France | 18 novembre 2019

Donner une seconde vie aux chutes de production : c’est l’objectif de Frédéric et Béatrice Guémas, à la tête de l’entreprise depuis 2001.

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Créé en 1974 par la famille Stéphan et reprise par Frédéric et Béatrice Guémas 27 ans plus tard, Publigraphic est une référence en matière de conception et fabrication d’outils de communication. Supports adhésifs, sérigraphie, impression haut de gamme… «Je me bats contre le cliché de l’industriel qui souille la planète, affirme Frédéric Guémas. Recyclage, optimisation de la matière, volonté de ne pas créer de déchets… Toute l’équipe, composée de quinze salariés, est dans la démarche de développement durable depuis de nombreuses années. »

Pour soi ou pour offrir

Spécificité de l’industrie des arts graphiques, les chutes ou déchets peuvent représenter jusqu’à 50 % des volumes des matières de production. Publigraphic présente un chiffre bien inférieur : « On s’approche des 30 %, détaille l’entrepreneur. Nous sommes dans une démarche d’optimisation. » Malgré de nouvelles machines à la technologie toujours plus pointue, la matière perdue est inévitable. « Car on fabrique toujours du sur-mesure, on travaille au cas par cas. » Fidèle à son éthique de management participatif plaçant « l’humain » au coeur de l’entreprise, le propriétaire de Publigraphic suivi par son équipe de salariés s’est essayé, il y a 5-6 ans, à la transformation des chutes de production en une gamme de bijoux. Transformer pour soi, pour offrir, pas pour vendre. Depuis, la notion de « seconde vie des déchets » s’est imposée : « Le déclic ? Ma rencontre avec Isabelle Guéguen, de Kervrac ; Nathalie Boisseau, d’Esprit Cabane et David Berry, fabricant d’instruments de musique à base de matières recyclées, poursuit Béatrice Guémas. J’ai participé à un atelier organisé par Nathalie dans lequel on fabriquait des luminaires à partir de boîtes d’oeufs. »

L’idée d’une matériothèque

Le couple Guémas et les salariés foisonnent d’idées mais, côté technique, l’apport d’artistes plasticiens est nécessaire. « Isabelle et Nathalie sont venues dans l’entreprise pour faire un inventaire des matières, continuent Frédéric et Béatrice Guémas. Là, on s’est rendu compte que les salariés étaient déjà dans la démarche de réutiliser les chutes pour faire des objets. » Le 17 octobre, un atelier de deux heures, ouvert aux seuls salariés (volontaires) de Publigraphic, est organisé. Objectif utiliser les déchets de son choix pour créer un luminaire.

« Chacun est rentré le soir à son domicile avec sa création, se félicitent Béatrice Guémas. L’atelier a super-bien marché. » Créer des objets au sein de l’entreprise à partir des chutes de production, d’accord, mais le but de cette initiative est aussi l’ouverture aux jeunes, aux associations, aux écoles… « Le sens de ce projet est pédagogique, bien sûr, mais aussi d’apporter un autre regard sur l’objet et sur l’entreprise », insiste Frédéric Guémas. Et pour porter encore davantage cette démarche de recyclage des chutes de production en objets, quoi de mieux qu’un lieu dédié ? « L’idée est de créer une matériothèque à Pont-l’Abbé, où les entreprises locales pourraient déposer leurs dons de chutes et faire venir des intervenants pour créer des objets », dévoile Béatrice Guémas. Un site ouvert aux écoles, associations, particuliers, personnes en réinsertion… L’appel aux élus est lancé. Une idée sociétale et environnementale si chère à Frédéric Guémas, dans la démarche d’économie circulaire de proximité privilégiée par Publigraphic : « Il faut que notre clientèle soit informée de nos valeurs. Car, derrière un prix, il y a une qualité et une éthique liée au territoire ».

Ludovic LE SIGNOR